MaroQueens
7 Mars 2025

La femme marocaine est animée par une grande ambition de conquérir de nouveaux espaces dans la société marocaine. Notamment dans le monde économique et de l’entreprenariat. Selon une récente étude réalisée par un grand cabinet international à l’occasion de la journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars 2025, plus de 74% des femmes marocaines aspirent à créer leur propre entreprise.
Ce qui est certain, c’est que la femme marocaine ne cesse de s’émanciper au fil des années dans de nombreux domaines de la société : politique, économique, social et culturel. Voulue par SM le Roi Mohammed VI, la nouvelle politique visant à renforcer le rôle de la femme dans la société marocaine s’est soldée ces derniers temps par des avancées considérables. Notamment le dernier texte relatif à la réforme de la Moudawana soumis récemment au gouvernement pour la rédaction juridique du texte après avoir eu l’aval du Roi et du conseil supérieur des Oulémas. Bien que le texte doive encore passer par une série d’étapes pour son approbation législative puis sa promulgation officielle, le projet est en soi une révolution sociale dont la conception a été confiée, et c’est une première historique dans le Royaume, à des institutions publiques comme le Conseil national des droits de l’homme, le ministère public ou encore le conseil supérieur des Oulémas.
C’est ce que pense, en tout cas, Fatna Sarehane, juriste et professeure à l’Université Hassan II de Casablanca, qui ajoute que les dernières réformes du code de la famille de 1957 et de 1993 ont été chapeautés exclusivement par le Conseil supérieur des Oulémas à l’exception de celle de 2004 dont le pilotage était confié à une commission royale présidée par l’ancien secrétaire général du parti de l’Istiqlal et ex-ministre des affaires étrangères, M’hamed Boucetta, décédé en 2017. Mais où le conseil supérieur des Oulémas a joué également un rôle prépondérant.
Il y a sans nul doute que la nouvelle réforme de la Moudawana, attendue pour bientôt, va considérablement améliorer la situation de la femme dans notre pays. Dans le sens où elle va réinstaurer un équilibre important dans le foyer conjugal et dans les relations matrimoniales après que la femme ait vécu (presque) l’enfer avec l’ancien code.
Postes de responsabilité
Mais Fatna Sarehane demeure encore sceptique quant à la version finale qui va sortir des méandres du gouvernement et du parlement. « On ne maitrise pas encore le contenu du texte ni l’endroit juridique et institutionnel exact où il se trouve actuellement » estime ainsi l’éminente juriste. En attendant la promulgation de la nouvelle Moudawana, la femme marocaine poursuit son chemin tortueux pour renforcer sa place dans la société. Dans le milieu économique, les femmes occupent désormais d’importants postes de responsabilité dans les entreprises publiques comme dans les entreprises privées. Outre plusieurs noms connus de la sphère économique dont notamment Meriem Bensalah Chaqroun, patronne du groupe les Eaux minérales d’Oulmès, filiale du groupe Holmarcom ou encore Salwa Akhannouch, présidente du groupe Aksal, dont les noms ont été très récemment retenus sur la liste des femmes d’affaires les plus influentes dans le monde par le célèbre magazine américain, Forbes, le monde de l’entrepreneuriat marocain attire de plus en plus de femmes. Une récente étude réalisée par un grand cabinet international à l’occasion de la journée internationale de la femme, célébrée le 8 mars 2025, révèle que 74% des femmes marocaines aspirent à créer leur propre entreprise. Un chiffre important qui en dit long sur les ambitions de la femme marocaine pour améliorer son autonomie financière et participer au développement économique de leur pays.
Fort appétit entrepreneurial
En plus d’exprimer leur intérêt pour la création d’entreprise, les femmes marocaines sont aussi à l’origine d’une nouvelle vague d’entrepreneuriat et d’innovation dans le pays.
Dans ce sillage, les femmes marocaines sont de plus en plus nombreuses à se lancer dans l’entrepreneuriat, motivées par l’indépendance financière, la flexibilité de leur carrière et la poursuite de leurs passions, fait savoir la même source. L’étude met en lumière également un fort appétit entrepreneurial chez les femmes marocaines et des perspectives commerciales prometteuses, avec 82% des femmes chefs d’entreprise prévoyant une croissance de leurs revenus au cours des cinq prochaines années, ce qui témoigne de la confiance dans l’avenir de l’entrepreneuriat féminin au Maroc. Pour un expert dans l’entrepreneuriat féminin : « L’esprit d’entreprise chez les femmes est fort et croissant, les jeunes générations montrant la voie. Avec l’accès aux bons outils financiers, au mentorat et aux ressources numériques, les femmes entrepreneures peuvent saisir de nouvelles opportunités d’affaires, stimuler l’innovation et contribuer de manière significative au développement économique ».
Pour de nombreuses femmes, la motivation de créer une entreprise va au-delà de la réussite financière. Il s’agit d’atteindre un meilleur équilibre entre vie professionnelle et vie privée, de poursuivre les rêves de toute une vie et de gagner en liberté et en flexibilité par rapport aux structures de carrière traditionnelles.
Toutefois, l’accès au financement, au mentorat et aux outils numériques reste essentiel pour que leurs ambitions se traduisent par des entreprises prospères et évolutives.
Ces données montrent qu’il est possible d’accroître la participation des femmes à l’écosystème entrepreneurial marocain, tout en soulignant la nécessité d’un soutien ciblé, d’un accès financier et d’un développement des compétences pour les aider à passer de l’ambition à l’action. C’est que la femme marocaine, connue pour sa combativité et son courage, veut accélérer son émancipation malgré les fardeaux de la société qui pèsent sur ses épaules.
Par Aissa Amourag
Source : maroc-hebdo.com
FM
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